La migraine ophtalmique

Des choses à partager, en vrac

La migraine ophtalmique

Par JB P. Annecy

Avant toute chose, je tiens à préciser que les informations suivantes ne sont données qu’à titre informatif, résultant de la capitalisation et l’analyse de ma propre expérience, sur une durée de 20 ans. Je décline toute responsabilité dans le cas d’interprétations et d’applications personnelles que le lecteur pourrait faire.

Qu’est-ce que la migraine ?

La migraine est une maladie encore mal connue et dont les déclencheurs sont pas très bien identifiés. Elle est peut-être héréditaire, héritée d’un des côtés des parents ; c’est le cas pour moi.

Son action serait liée de près à une hormone, la sérotonine, qui joue un rôle important dans l’homéostasie. Globalement, une migraine résulte d’une perte de cet homéostasie, autrement dit d’un déséquilibre systémique du corps humain, causé par une multitude facteurs internes ou externes.

Les principaux facteurs sont les suivants : 

  • stress, anxiété
  • utilisation abusive des yeux : strabisme, besoin de correction visuelle, focus, … (migraine dite ophtalmique)
  • odeurs particulières
  • trop de sommeil / pas assez de sommeil
  • abus de nourriture et d’alcool
  • forte luminosité
  • déshydratation
La migraine se déclenche généralement au début de l’adolescence, et s’atténue généralement à l’âge adulte.
 
Si ce genre de symptômes se déroulent avant ou après cet intervalle, cela peut-être autre chose de plus grave qu’une migraine. Sinon il n’y a pas à s’inquiéter outre mesure, les analyses du genre électro-encéphalogramme et autres scanner ne révéleront généralement rien de suspect.
 
Comment se déroule une migraine ?

La migraine ophtalmique ou migraine accompagnée ou migraine à aura peut se découper en 2 phases consécutives : 

  • 1ère phase de type inflammation, avec ou sans aura et troubles de la circulation (vasoconstriction)
  • 2ème phase avec apparition des maux de têtes percutants (vasodilatation)
Il arrive souvent que la migraine soit localisée uniquement d’un côté, avec des douleurs parfois située juste derrière l’oeil.
 
Dans le cas de migraines dites accompagnées, des symptômes peuvent apparaître comme : 
  • engourdissement de certaines parties du corps (doigts, mains, bras, langue, lèvres, nez, …). C’est plus ou moins normal car pendant la phase de vasoconstriction, les veines se contractent et certaines parties du corps sont moins irriguées.
  • nausées et/ou vomissements
  • sensibilité à la lumière

Quels traitements sont efficaces au moment de la crise ?

Pendant la crise il y a diverses solutions, qui sont plus ou moins efficaces selon les personnes et l’importance de la crise. Généralement voici les types de traitements utilisés : 

Traitements médicamenteux

  • antalgiques et analgésiques
  • anti-inflammatoires
  • cachets à base de caféine
  • triptans
Dans le cas d’une auto-médication, il faut bien veiller à respecter les doses prescrites et ne pas réaliser de mélanges hasardeux sans en référer à son médecin conseil.
 

Traitements alternatifs

L’utilisation des huiles essentielles peut-être aussi intéressante. Celle recommandée pour les migraines est la menthe poivrée. Quelques gouttes sur l’oreiller, une goutte sur chaque tempe avec des petits massages circulaire, un goutte avec un pincement sur le haut du nez (sinus et haut des sourcils) qui représente la voie de la migraine en médecine chinoise.

tapis fleur anti-migraineL’utilisation du « tapis de fleurs » en début de crise fait aussi ses preuves. Il stimule la circulation sanguine et peut atténuer la crise et la douleur. A essayer si vous êtes chez vous.

 
 
 

Comment éviter de faire des migraines – les traitements de fonds

La migraine étant un déséquilibre du système interne, il faut donc éviter de faire des excès et de garder une bonne hygiène de vie.

La café reste un bon traitement de fond, assez naturel, sans danger et facile à prendre. Un café par jour peut aider à réduire le nombre de crise.

Veiller aussi à avoir un sommeil régulier, aussi bien la semaine que les weekends, ni trop ni trop peu.

Dans les cas plus prononcés, à savoir plusieurs crises par mois voire par semaine, il existe des traitements à base de bêta-bloquants qui réduit le rythme général du corps.

Les objectifs sont de diminuer :

  • la fréquence des crises
  • l’intensité des crises
  • la sensibilité aux éléments déclencheurs

L’osthéopathie

En prévention je vais tous les 6 mois chez l’ostéopathe faire une séance d’ostéopathie cranienne et un travail sur la nuque. En effet, un grand nombre de nerfs passent par la nuque, ainsi que les artères cérébrales et un blocage peut avoir des conséquences.

Il ressort de l’étude de certains cas de migraineux une amélioration de l’état et une diminution des crises. Un travail sur les os craniens, composé des os frontaux, temporaux, pariétaux et occipitaux, détend cette structure mobile et prévient les migraines.

Des exercices, à pratiquer chez soi ou chez son ostéopathe préféré, peut constituer un bon traitement de fond. Un étirement des os temporaux, reposant sur tous les autres, détend la structure. Un « ramolissement » de l’os occipital peut aussi aider à relâcher la pression interne. 

N’hésitez pas à demander conseil à votre thérapeute ostéopathe afin de mettre en place un suivi régulier.

Mon expérience personnelle

Personnellement j’ai essayé beaucoup de cocktails de médicaments, qui ont été plus ou moins efficaces. J’ai essayé les classiques analgésiques, couplés parfois à des comprimés à base de caféine. Résultat très moyen.

J’ai ensuite essayé l’homéopathie, sans grandes attentes, et donc sans résultats de mon côté.

Vint ensuite le test des traitements de la famille des triptans, permettant de réduire la dilatation des vaisseaux et de réduire la douleur. J’ai donc essayé le Relpax, un eletriptan. Résultat plutôt encourageant, des crises diminuées en intensité et en durée. Par contre certains effets secondaires un peu dérangeant, comme des douleurs et des crispations de la machoire et de la nuque. Mais rien de comparable aux douleurs de la migraine…

J’ai par la suite pris rendez-vous chez un neurologue, afin de mieux comprendre le mécanisme et m’assurer qu’il n’y avait rien de grave finalement derrière tout cela.

J’ai compris que je ne prenait pas le triptan au bon moment, à savoir au début de la crise afin qu’il agisse au plus vite. Or, comme mentionné ci-dessus, la crise de compose de 2 phases, et la 1ère est une vasoconstriction.

Le triptan ayant un effet vasoconstricteur, cela accentue encore plus l’effet de base, avec des risques de sous-alimentation sanguine du cerveau. Le triptan doit être pris au début de la 2ème phase (vasodilatation), qui marque généralement le début des douleurs.

Il m’a finalement d’essayer un anti-inflammatoire, dès le début de la 1ère phase cette fois, afin de la réduire, ce qui peut dans certains cas annuler la 2ème phase, douloureuse. Il me prescrit alors du Piroxicam. Les effets sont magiques, j’essaie d’en avoir toujours un sur moi dans mon portefeuille, afin de pouvoir le prendre dès l’apparition de l’aura.

Résultat impressionnant : dans la plupart des cas la migraine s’estompe de façon importante dès la fin de l’aura, quelques maux de tête, et je peux même reprendre le travail au bout de quelques heures. Je tâche évidemment de m’économiser ensuite pour ne pas aggraver l’état.

Plus tard, au cours d’une crise impromptue et sans cachet à disposition, je prend à tout hasard un autre anti-inflammatoire, le Spifen (à base d’ibuprofène), prescrit pour des problèmes féminins à mon amie…

Le résultat est encore plus efficace, plus de 2ème phase, moins d’une heure au repos et c’est terminé. Je garde cette solution à ce jour.

Nouvelle méthode adoptée :

  • Anti-inflammatoire Nalgésic en début de crise (sous ordonnance)
  • + café
  • + grand verre d’eau
  • + séance de tapis de fleurs de 20min
  • + au lit dans le noir !

Aspects psychologiques

On a pu constater que certains symptômes physiques sont directement liés à un aspect psychique : c’est psycho-somatique. En effet l’esprit est très puissant et très sous estimé.  Si l’on regarde la définition de la migraine dans certains livres, on constate que cela reflète l’hésitation, l’incapacité à se prononcer, à s’imposer, à choisir, l’incertitude finalement.

Travailler sur ce plan permet de travailler indirectement sur les déclencheurs de la migraine. Dans mon cas je l’ai directement expérimenté. Travail sur soi, sur sa confiance en soi, la prise de position. Tous ces aspects peuvent être travaillés avec l’aide d’un psychothérapeute, notamment pendant des séances de thérapie comportementale et gognitive (TCC). L’efficacité réside dans le fait que c’est à nous de faire le chemin, avec des exercices pratiques et concrets.

Hygiène de vie VS déclencheurs

Afin de réduire le nombre de crise, il est primordial de tenir un journal de bord, même mental si besoin. A savoir essayer d’identifier, pour chaque crise, quels éléments ont pu la déclencher. Au début c’est très abstrait, mais à force des élément se recoupent et deviennent une évidence. Reste ensuite à faire en sorte de les éviter au maximum.

Pour ma part, les déclencheurs sont les suivants : 

  • luminosité, reflets du soleil -> port de lunettes de soleil en journée
  • certains alcools : blanc, rosé, champagne, qui contiennent parfois des sulfites
  • déshydratation -> boire au moins 1,5L d’eau par jour
  • focus visuel, trop de concentration sur un point
  • anxiété, choix importants à faire avec hésitation
  • trop de sommeil -> 8h grand maximum tous les jours

Il est avéré que la caféine a un effet positif sur les crises. Je tâche donc de prendre au moins un café tous les jours.

En complément, travaillant sur ordinateur de surcroît, je réalise quotidiennement des petits mouvements de la nuque afin de la mobiliser et réduire les blocages. Mouvements de gauche à droite (le « non »), mouvements de haut en bas (le « oui »), mouvements de côté (le « peut-être ») ainsi que des mouvements semi-circulaires sur l’avant uniquement (oreille sur épaule à oreille sur épaule), mouvement de grandissement de la base du crâne (je fixe les yeux et je tend ma nuque pour débloquer la partie occipitale.

Anecdote

Je me souviens d’une crise, se déclenchant alors que j’étais chez mon amie à environ 20min de chez moi. J’avale vite un cachet et je file en vitesse avant que ma vision, troublée par une aura croissante, ne m’empêche de conduite.

Arrivé à la maison, j’écris un texto rapidement afin d’avertir mon amie que je suis bien arrivé. Expérience un peu difficile à cause de la vision troublée, je laisse le texto en suspend. Je crois mon père dans le couloir et je m’empresse de lui dire que je fais une migraine et que je vais m’enfermer dans ma chambre, dans l’obscurité. Mais à ce moment, aucun mot audible et existant ne sort de ma bouche, uniquement des sons s’apparentant à des onomatopées. – « Dé ba la na ve tellese .. »

Je me rends compte que j’ai des troubles de la parole et me mets à rire, mon père quant à lui s’inquiète fortement. Mais impossible de lui expliquer que ce n’est pas grave, je communique alors par gestuelle.

Ceci s’explique par un trouble aigu de la circulation sanguine pendant la 1ère phase, de vasoconstriction, qui m’engourdit tout le bras droit. Or le côté droit est commandé, à l’inverse, par le cerveau gauche qui gère certaines fonctions précises, comme la parole…

Au bout de 20 minutes, les mots se remettent dans l’ordre. Je reprends mon texto et me rend compte que les mots sont dans le désordre!

Bref, dans le cas de crises importantes, il peut y avoir des conséquences physiques assez impressionnantes, que l’on pourrait aisément confondre avec un AVC (accident vasculaire cérébral).

NB : les signes d’un AVC sont les suivants, sachez les reconnaître afin d’appeler en urgence le 15 : 

  • faiblesse / engourdissement
  • troubles de la parole
  • troubles de la vision
  • maux de tête
  • étourdissement

En cas de doute, faites sourire la personne. Si le sourire ne fonctionne que d’un côté, c’est un signe. Faites lui aussi lever les 2 bras en l’air, et s’il n’y arrive que difficilement, c’est un autre signe. Enfin, faites lui dire une phrase à haute voix comme « aujourd’hui je trouve qu’il fait beau et chaud ». Si la diction est difficile, appelez les urgences.